05.11.2007
Le naufrage du DMP
Proposée par carole
La santé est trop sérieuse pour être confiée aux politiques, c'est ainsi que l'on peut résumer le rapport réalisé par l'Igas au sujet du Dossier Médical Personnel (à ne pas confondre avec partagé), d'après les bons extraits publié dans la dernière édition du Point.
Le DMP c'est un dossier que je suis depuis son lancement pour des raisons professionnels, et je rejoins bien les médecins qui l'ont qualifié de "Dossier mal parti".
La date du vendredi 13 août 2004, celle de la loi de la réforme Douste-Blazy, qui acte la naissance du DMP, a peu être constitué le premier mauvais présage pour ce beau projet. J'entends plusieurs lecteurs qui s'étouffent à lire ces mots de "beau projet", mais si c'est un beau projet. Qui se détournerait d'un outil qui ne l'obligerait plus de retracer la liste de ses antécédents et autres épisodes médicaux, lorsqu'il change de médecin généraliste ou doit fréquenter un nouveau médecin spécialiste. N'est-il pas plus intelligent de commencer une conversation, avec le médecin qui lit l'ensemble des éléments dans un dossier informatique déjà existant et demande des précisions sur cette histoire médicale, en fonction de la raison pour laquelle vous venez le consulter ?
Je confirme les retards successifs enregistrés par le calendrier du projet DMP. Déjà au niveau du cahier des charges qui a été attendu près d'un an par les acteurs de l'informatique médicale. Je crois que les deux ministres qui se sont succédés à la tête de la Santé ont trop attendu d'un retour médiatique sur le lancement d'un outil informatique.
Or un projet d'une telle envergure, pour réussir demande forcément du temps : un temps pour arriver à trouver un consensus sur la définition même de l'outil entre les différents acteurs : médecins libéraux, hôpitaux, cliniques, professions paramédicales, et patients par le biais des associations de malades. Chacun a ses besoins, ses contraintes et son rôle sur ce DMP et il faut que tout
Pour un tel projet, l'usine à gaz était prévisible. Je suis d'accord avec le rapport produit par l'IGAS sur le fait que les plannings trop serrés, imposés par les politiques, ont nui au projet. Par contre, j'espère que cela ne sera pas l'occasion pour Sarkozy de mettre au placard le DMP, en voyant le coût et peu de retour sur investissement à court terme. En tout cas, la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale a choisi de s'en occuper.
20:05 Publié dans actualité | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : DMP, Sarkozy, Bachelot, Santé, médecin, dossier médical personnel











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Commentaires
bonjour Carole
de l'eau a coulé sous les ponts, mais le péché originel est toujours là. laisser des incompétents et des ambitieux gérer les dossiers santé au Ministère, avec comme tu le dis des communications de Ministres totalement déconnectés du réel des médecins... croire que l'outil informatique résoudra l'inorganisation du système de santé... imaginer faire avec deux francs six sous en deux ans ce que d'autres pays font prudemment sur dix ans avec des moynes autrement conséquents... et enfin le rêve de Douste ( et d'autres) comme quoi le DMP rendrait caduque le généraliste... autant d'erreurs, pour un résultat prévisible depuis longtemps, tu m'en donneras acte ;-)
amitiés
Écrit par : christian lehmann | 06.11.2007
bonjour Christian,
Justement, je ne voudrais pas que par un sac de nœud dont ils ont le sercret, les politiques retournent "la faute" vers les médecins et autres acteurs du projet. Même les participants au GIP-DMP ne sont pas responsables, ils ont fait du mieux avec les moyens donnés et souvent des décrets en attente de publication. Pendant les expérimentations, de nombreux médecins n'ont pas compté leur temps pour devenir des vrais acteurs du DMP. Leur enthousiame est souvent retombé pour cause du manque d'ambition de cette expérimentation (la plupart des DMP ont seulement été ouvert) et aussi la pause qui se déroule depuis la fin de cette période.
Je rends au Dr Lehmann ce qui est au Dr Lehmann, car c'est dans sa bouche que j'ai entendu pour la première fois l'expression du "Dossier mal parti".
Pour la mémoire des lecteurs,d'Allons Enfants, je rappelle que c'est à Douste-Blazy, suivi sur la même ligne par son compère Bertrand, que l'on doit les difficultés rencontrées par les médecins référents. À ne pas confondre avec le médecin traitant, l'option médecin référent impose des engagements importants en matière de politique de santé et de coordination des soins (tiers-payant, limiter les prescriptions, tenir un dossier patient informatisé...) contre un forfait annuel, suite à un contrat signé entre le patient et son généraliste.
Preuve de cette volonté : la prose du ministère de la Santé sur la thématique du médecin traitant
"17) Quelle est la différence entre le médecin traitant et le médecin référent ?
Si vous avez un médecin référent, vous pouvez naturellement le choisir comme médecin traitant.
Le médecin référent repose sur un principe d’abonnement forfaitaire à l’année, et l’on ne peut pas en changer. Avec le médecin traitant la liberté de choix est respectée : liberté d’en choisir et liberté d’en changer. Par ailleurs, le médecin référent est obligatoirement un généraliste à la différence du médecin traitant qui peut être soit un généraliste soit un spécialiste, notamment pour les patients souffrant d’affection ou de maladies chroniques."
Écrit par : carole | 06.11.2007
@Carole,
Très intéressant billet et vaste sujet.
Trop fatiguée pour développer ou participer.
Bonjour à Christian en passant...
Écrit par : corinne | 11.11.2007
Bonjour, il est zéro heure. Bonjours Corinne, Carole, Christian.
Très bon billet Carole.
Pour le sujet du billet, comme pour toutes les "Réformes" c'est comme pour la vache, c'est l'abattoir. Tout est trop important pour le laisser aux politiques français, définitivement éphémères et sans ambition. Pour l'administration toutes surtout l'hôpital le personnel est comptabilisé par actes donc par dixième de fonctionnaires soit trois fonctionnaires et demi, donc trois et un travail non effectué. La France a une politique à rebours.
Écrit par : martingrall | 17.11.2007
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